vendredi 11 novembre 2016

Rencontre avec Boris Bergman et David McNeil (14 octobre 2016, Christ Church)

Pour la première rencontre de l’année universitaire, et pour clôturer une journée consacrée au grain de la voix dans le monde francophone, le Cinéma et Culture Française à Oxford reçoit deux paroliers talentueux de la chanson française, Boris Bergman et David McNeil, à qui l’on doit les textes des chansons d’Alain Bashung, Juliette Gréco, Nana Mouskouri, pour Boris Bergman, de Jacques Dutronc, Alain Souchon, Laurent Voulzy pour David McNeil parmi tant d’autres, car la liste est impressionnante. Une ambiance de gaieté et de bonne humeur règne dans le Blue Boar Lecture Theatre dès l’arrivée de Boris Bergman et David McNeil, ces auteurs, compositeurs, interprètes, incontestablement amis de longue date. Ces grands paroliers ont accepté notre invitation à Oxford et répondu à nos questions avec enthousiasme et répartie. Revenons sur les grands thèmes de notre conviviale discussion avec eux …
 
L’inspiration : pour Boris Bergman et David McNeil, tous deux polyglottes, inspiration rime avec langues étrangères (en particulier l’anglais et le russe) et sonorités.
Le métier de parolier : un métier axé sur « la création et le partage » selon David McNeil, où ils apprécient l’ambiance joyeuse de collaboration des studios. Pour arriver au métier de parolier, il doit d’abord y avoir une envie d’écrire, comme des petites bandes-dessinées, et, pour les deux artistes, le fait d’avoir entendu une autre langue joue aussi un rôle important.
Différences culturelles francophones/anglophones : les Français aiment écouter les paroles des chansons alors que pour les Anglophones, le plus important est que la chanson sonne bien.
La popularité/le succès : le succès est venu très vite, dès leurs débuts. Le grand tube « Rain and tears » des Aphrodite’s Child écrit par Boris Bergman est sorti avec les pavés. Ils se sont vite entourés des plus grands. À la sortie de « Mélissa » de Julien Clerc dont les paroles sont de David McNeil, la question s’est posée de savoir s’il fallait populariser une chanson notamment par le biais des paroles.
Le cinéma : tous deux sont passés par une phase d’acteur et le cinéma a été une belle expérience. Pour Boris Bergman, le métier de parolier peut se comparer à celui de scénariste : « composer des paroles est un peu comme écrire un film de cinéma ; il s’agit de donner un sens au son et, même quand le sens a disparu, le son a toujours un sens ». Les chansons les plus réussies sont comme des petits films, à savoir qu’au cinéma, on a 10 minutes pour convaincre. Quant aux paroliers, ils doivent accrocher les gens dès les deux premières lignes d’une chanson.

Anecdotes sur les grands noms de la chanson française :
- Montand aimait changer le rythme des chansons et dans son interprétation de la chanson « Hollywood » de David McNeil passe de la 1ière à la 3e personne
- Alain Bashung acceptait les textes de Boris Bergman à la virgule près, mais lui faisait ensuite changer  le texte un nombre incalculable de fois au gré de ses envies.
- Charles Trénet qui a été l’un des précurseurs de la chanson française d’aujourd’hui a été influencé par la sonorité anglo-saxonne, les phrases courtes, dont beaucoup commencent par un D
- Serge Gainsbourg et sa chanson des sucettes d’Annie est un rare exemple où une traduction presque littérale a fonctionné pour l’adapter à l’anglais
Événement organisé par Dr Michaël Abecassis,
Cinéma et la Culture Française à Oxford
Article rédigé par Amandine Lepers-Thornton (novembre 2016)



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