vendredi 6 novembre 2015

Carte Blanche à Plantu (30 octobre 2015, Taylorian Institute)

Donner carte blanche à Plantu, ça ne se regrette pas, loin s’en faut.

L’entrée est décontractée, l’ovation générale, la salle comble et le balcon plein à craquer …  mais serait-ce assez pour accueillir ce dessinateur de presse si apprécié de tous ? Encore une fois, Oxford reçoit l’un des plus grands artistes français et encore une fois, on pourrait largement se passer de présentation.

Plantu entre en matière avec quelques remarques sur son rôle en tant que dessinateur-caricaturiste : être à l’écoute de tout (actualité, vie de tous les jours) et tout dessiner. Il évoque le conseil qu’il donne souvent à ceux qui débutent, ne rien censurer, aller jusqu’au bout et laisser aux autres la tâche de distinguer les dessins à succès des impubliables. Son boulot, nous dit-il ensuite, (celui qu’il fait avec tant de brio depuis 43 ans) consiste à porter un regard sur la vie politique.

La preuve en images n’attend pas, avec un régal de dessins axés sur la Grande-Bretagne, l’Europe, les attentats, le choc des cultures et les migrants. Plantu passe sans transition des caricatures qui font hurler de rire aux dessins qui font réfléchir. On apprend comment il dessine Hollande, avec un concombre, et Sarkozy, avec une ou deux mouches, voire parfois trop.





Quelques petites anecdotes : le chapeau melon de David Cameron, les dents de Margaret Thatcher (ces fameuses dents qu’il réserve aux Anglais), l’insurmontable difficulté à dessiner les traits de Lady Di à l’annonce de sa mort, l’entente pas toujours si cordiale que ça, les différences culturelles des deux côtés de la Manche en matière de presse papier, de traitement des terroristes ou de scandales des classes politiques.





















Sûrement parce que les attentats contre Charlie Hebdo ont changé à tout jamais l’univers des dessinateurs de presse, Plantu nous rappelle que tout dessinateur qui se respecte doit rester dans la subjectivité totale et savoir contourner les interdits, puis l’illustre avec des dessins très forts en soutien à Charlie Hebdo.




Sur ce même thème, Plantu fait le constat que les dessins échappent à leur propre dessinateur, à l’heure où Internet et les réseaux sociaux diffusent les haines et multiplient les risques de manipulation du travail des artistes. Confrontés à ce phénomène inquiétant, les dessinateurs doivent rester soudés contre la barbarie.






La seule autocensure que Plantu s’impose concerne ce qui touche à la vie privée ou ce qui est du ressort de la justice. Justement, les remarques finales du dessinateur portent sur la censure, le thème de son tout dernier livre Souris et tais-toi !, dont on découvre en avant-première quelques pages et dessins polémiques.

En attendant avec impatience que le grand Plantu revienne à Oxford, on va pouvoir commander Souris et tais-toi ! et regarder la vidéo !









Événement organisé par Dr Michaël Abecassis,
Le Cinéma et la Culture Française à Oxford
Article rédigé par Amandine Lepers-Thornton (octobre 2015)

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